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Parce qu’ils n’ont pas aimé un de nos articles, les dirigeants du laboratoire Abbott nous retirent une subvention

publié en ligne : 4 août 2006

Le laboratoire Abbott nous retire une subvention de 4000 euros, qui devait servir à financer notre activité à la conférence mondiale sur le sida, à Toronto. La raison ? Un article paru dans Protocoles, notre revue d’information thérapeutique, sur une nouvelle formulation du Norvir, un médicament contre le VIH produit par Abbott.

C’est la première fois qu’un laboratoire fait pression sur nous de cette manière.

Cet article concerne le Norvir, un médicament produit par Abbott, avant tout prescrit pour « booster » une antiprotéase associée dans le traitement antirétroviral. Le Norvir, tel qu’il existe actuellement, doit être conservé à basse température - et notamment, quand il fait chaud, au frigo, ce qui n’est pas possible pour tout le monde : malades à la rue, hébergéEs de façon précaire, en détention ou vivant chez des personnes auprès de qui ils/elles n’ont pas envie de faire connaître leur état de santé. Evidemment, pour les 90 % des malades qui vivent dans les PVD, une forme du Norvir conservable en dehors d’un frigo est indispensable.

C’est de ce point de vue que nous demandons des comptes au laboratoire : Abbott avait les moyens de mettre à disposition le plus tôt possible une formulation qui ne nécessite pas une conservation au frais. Il y a 3 ans, le laboratoire multipliait le prix du Norvir par 5, en se justifiant au nom des nécessaires recherches pour le développement d’une nouvelle forme de l’antiprotéase... Mais le laboratoire, pour des raisons purement économiques, n’a pas tout mis en oeuvre pour que cette forme, dite « forme sèche » ou « Meltrex », soit disponible. Pourtant, sur un autre produit, le Kaletra, ils ont montré que cela était possible.

C’est la première fois qu’un laboratoire fait pression sur nous pour un article paru dans une revue aussi reconnue pour son sérieux que Protocoles. Abbott se soucie des malades uniquement quand elles et ils font le jeu de son plan marketing. Le « partenariat » tel que le défend Abbott ne peut pas servir à museler la parole des malades. A quelques jours de la conférence de Toronto, ces pratiques nous renforcent dans notre détermination à réclamer des comptes au laboratoire.

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