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Les malades payent le prix de la négligence d’Abbott

publié en ligne : 4 août 1998

Une semaine après l’annonce par les laboratoires Abbott de l’arrêt de la dispensation de Norvir® en gélules pour la mi-août, de nombreuses questions restent en suspens et les malades vont payer le prix de la négligence du laboratoire.

Dans la lettre d’information qu’Abbott nous a fait parvenir le 28 juillet, les informations concernant le passage de la forme gélule à la forme sirop ne répondent pas aux multiples difficultés auxquelles les patients vont être confrontés :
- Le passage de l’une à l’autre forme du médicament nécessite la rédaction d’une nouvelle prescription initiale hospitalière (PIH). Cela oblige donc les patients à consulter à l’hôpital en plein mois d’août, alors que de nombreux médecins seront en congé.
- Les problèmes de conservation et de stabilité de la solution sirop sont loin d’être résolus : en effet, à la différence de la forme gélule, le sirop doit être conservé entre 20 et 25°C, et ne pas être utilisé au delà d’un mois après sa dispensation par le pharmacien. De plus, l’Agence du Médicament, dans un courrier du 3 août adressé au TRT-5 met en garde contre l’apparition éventuelle de particules ou d’un précipité dans la solution, ce qui obligerait le patient à consulter son médecin pour obtenir un nouveau flacon. Cette nouvelle mise en garde serait-elle le signe que les problèmes rencontrés avec la forme gélule pourraient aussi concerner la forme sirop ?
- Le doseur fourni avec Norvir® en sirop ne prend pas en compte la posologie utilisée par les patients qui prennent Norvir® en complément d’une autre antiprotéase. Pour eux, l’utilisation d’une seringue ou d’une cuillère sera très difficile et le laboratoire n’a encore rien prévu pour ces patients.
- La forme sirop a un goût très désagréable. Le conseil d’Abbott de le prendre avec une boisson lactée chocolatée n’est pas satisfaisante car un grand nombre de séropositifs sont intolérants au lactose. De plus, les compléments alimentaires ne sont pas remboursés totalement. Pour les patients, ce passage à la forme sirop pourrait coûter quelques centaines de francs par mois !
- Dans la lettre d’information, le laboratoire Abbott s’est bien gardé de préciser que la forme sirop contient 43% d’alcool. Ceci peut engendrer des difficultés supplémentaires à la fois pour les patients co-infectés par le virus de l’hépatite C, chez qui toute consommation d’alcool est à proscrire, mais aussi pour les patients qui suivent un autre traitement où la prise d’alcool est déconseillée (risques d’interaction avec certains médicaments comme l’Esperal® ou le Flagyl®).
- S’il s’avère qu’un changement d’antiprotéase est nécessaire, le choix est cependant limité pour de nombreux patients.

Toutes ces difficultés vont sans aucun doute nuire à la compliance au moment où tout le monde reconnaît qu’elle est un facteur essentiel d’efficacité des traitements antirétroviraux.

Faute d’avoir communiqué à temps, faute d’avoir pris toute la mesure des difficultés qu’engendre le passage de la forme gélule à la forme sirop, faute d’avoir joué cartes sur table et consulté les associations, Abbott fait courir aux malades des risques majeurs.

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