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journée de deuil chez Roche

siège social fermé

publié en ligne : 16 novembre 2001 dans Action 77

Aujourd’hui comme hier, 40 malades bloquent l’accès au siège du laboratoire Roche à Neuilly-sur-Seine. Dès l’arrivée des salariés l’entrée a été de nouveau cadenassée et la façade aspergée de sang pour dénoncer l’acte meurtrier dont se sont rendus coupables les responsables de Roche. Hier, Les dirigeants de Roche ont refusé de nous parler et d’affronter ainsi les conséquences de leur décision criminelle. Persistant dans leur mépris pour la vie humaine, nous restons donc mobilisés.

Le 27 novembre 2000, nous bloquions déjà l’accès à l’usine de Roche à Fontenay-sous-Bois pour contraindre le laboratoire à mettre à la disposition des personnes en impasse thérapeutique leur nouvelle molécule anti-VIH, le T-20. Le T-20 appartient à une nouvelle famille d’antirétroviraux, les inhibiteurs de fusion, qui bloquent l’entrée du virus dans les lymphocytes CD 4. Les essais déjà menés par la firme montrent que ce médicament est efficace chez les malades en échappement, et relativement bien toléré, même si les difficultés d’administration sont réelles. Mais…

Pratiques non éthiques

Un an plus tard, un constat s’impose : non seulement Roche n’a pas tenu ses maigres engagements, mais la mise en place par le laboratoire d’un essai de phase III, puis d’un essai de phase III-bis, en lieu et place de l’accès compassionnel réclamé, a été l’occasion d’exclusions et de discriminations inacceptables.

- Alors que l’accès au compassionnel était prévu pour mars 2001, il semble aujourd’hui qu’il s’agirait plutôt de mars 2002, à quelques mois seulement de l’obtention prévisible de l’Autorisation de Mise sur le Marché.
- La mise en place en France de l’essai de phase III a donné lieu à des exclusions de personnes pré-incluses, sans qu’une mise à disposition compassionnelle du T-20 ne leur soit proposée.
- L’essai de phase III-bis, destiné aux personnes en échappement, n’inclura finalement que 25 malades alors qu’ils sont des centaines à attendre le compassionnel comme dernière chance de survie. Parmi les patients exclus de l’essai de phase III, 36 remplissent pourtant déjà ces critères.

Mensonges sur les difficultés de production

La défense de Roche est une imposture : « le T-20 est une molécule compliquée à fabriquer et la construction d’une nouvelle unité de production spécifique prend du temps, ce qui permet tout juste de satisfaire les besoins des patients inclus dans les essais cliniques ». Il est vrai que le T20 est une molécule qui nécessite 100 étapes de fabrication, mais il est faux de prétendre que les difficultés rencontrées pour produire la molécule en nombre suffisant sont le fait d’un équipement industriel long à mettre en place.

Ces difficultés sont le résultat de la décision des dirigeants de Roche Holding, il y a dix huit mois, de n’investire que pour la production de la quantité nécessaire pour l’essai de phase III. D’une manière cynique, les dirigeants de Roche ont décidé qu’il n’y aurait pas de compassionnel pour le T20 (trop cher en terme de coût global de développement) condamnant ainsi à mort plusieurs centaines de malades.

Act Up exige :
- la démission de Frantz B. HUMER, PDG de Roche Holding, qui a sciemment condamné des malades en prenant une décision qui tient compte uniquement des critères économiques.
- les démissions de Claude SHREINER et Philippe MOUGIN, dirigeants de Roche France, qui mentent depuis un an sur les délais du compassionnel et sur le nombre de personnes qui pourraient en bénéficier, suscitant ainsi de vains espoirs.
- l’accès au compassionnel du T20 pour les malades en impasse thérapeutique.
- une promesse écrite que pour la prochaine molécule en développement (T1249) l’accès au compassionnel coïncidera avec la mise en place de l’essai de phase III.

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