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lettre ouverte à l’OMC

Qatar : l’OMC ne peut entraver l’accès aux traitements pour les malades

publié en ligne : 6 octobre 2001

La rencontre des ministres du commerce de l’ensemble des pays membres de l’OMC qui se tiendra au Qatar sera décisive pour les malades des pays en développement. C’est pourquoi les associations de personnes atteintes et les associations de lutte contre le sida se mobilisent et demandent à Mike Moore, directeur de l’OMC, de se prononcer afin que plus aucune entrave ne puisse être faite à l’accès aux médicaments et à la santé.

Du 9 au 13 novembre, au Qatar, l’OMC devra se prononcer sur l’accès aux médicaments pour les malades des pays en développement.

Les gouvernements africains ont demandé un moratoire sur les actions devant l’OMC menées à l’encontre des pays pauvres qui veulent recourir à des médicaments copiés, moins coûteux. Si l’OMC le leur refuse, elle aura choisi son camp : celui des pays riches. En renforçant le monopole des grandes compagnies pharmaceutiques occidentales elle continuera ainsi d’entraver l’accès aux traitements.

Malgré la mobilisation internationale, 90% des malades du sida de la planète n’ont toujours pas accès aux traitements essentiels à leur survie. Chaque jour des milliers de personnes qui pourraient être traitées meurent.

Dans ce contexte, le prix des médicaments joue un rôle déterminant. Et la diversification des sources de production est indispensable pour que l’ensemble de la palette thérapeutique anti-VIH/sida soit abordable, durablement, pour les malades des pays pauvres.

Les accords internationaux sur la propriété intellectuelle autorisent les pays à produire ou à importer des copies de médicaments. Une partie des traitements anti-VIH sont fabriqués dans certains pays, comme l’Inde ou le Brésil, et vendus à bas prix — ce qui a notamment pour effet d’obliger les multinationales pharmaceutiques à aligner leurs tarifs.

Mais la plupart des pays en développement, soumis à pression, hésitent encore à autoriser la production ou l’importation des copies de médicaments, craignant les représailles des pays occidentaux. Les productions locales ne concernent donc que très peu de pays et il n’existe toujours aucune copie des traitements les plus récents qui restent inabordables.

C’est pourquoi, les pays de l’Organisation de l’Unité Africaine demandent, qu’en novembre prochain, l’OMC donne officiellement des garanties aux pays qui souhaitent recourir à des copies de médicaments.

Les Etats-Unis et l’Union Européenne s’opposent fermement à cette mesure et continuent d’imposer aux pays en développement des règles plus contraignantes encore que les accords internationaux.

Malgré les discours récents de certains responsables politiques, dans les faits et par leurs pressions, ils refusent aux plus pauvres l’utilisation de dispositions dont eux-mêmes usent couramment dans d’autres domaines que la santé (les licences obligatoires, notamment).

Au Qatar, les Ministres du Commerce du monde entier vont ratifier une déclaration qui précisera les règles du commerce international pour les années à venir. En matière d’accès aux traitements et à la santé, l’enjeu est considérable. Des médicaments abordables et de qualité doivent être produits et distribués par les pays en développement sans qu’aucune mesure de rétorsion ne les inquiète. Au-delà du moratoire demandé par les pays africains, les règles du jeu doivent changer. L’OMC ne peut constituer une entrave au droit à la santé.

Les premiers signataires

Association African Solidarité (AAS) (Burkina Fasso), AIDS ACCESS Foundation (ACCESS) (Thailand), Act Up-Paris (France), ACT UP/East Bay (USA), ACT UP-New York (USA), AFAS (Mali), AFSU (Cameroun), Agua Buena Human Rights Association (Costa Rica), ALCS (Maroc), AMAS (Mali), AIDS Vancouver (Canada), ARAMBE / KAFU-ATA (Bénin), ARCAD/SIDA (Mali), CESAC (Mali), The Canadian HIV/AIDS Legal Network (Canada), Community Health Bendigo, Needle and Syringe Program (Australia), Family Health International (USA), GNP+ (International), Government Pharmaceutical Organization (Thailand), Health Gap Coalition (USA), Medecins d’Afrique (République du Congo), Mieux Vivre avec le Sida (Niger), NAP+ (Liberia), NOLFOWOP (Cameroun), Planet Africa (France), ONG EDS (Mauritanie), RECAJELS (République Centrafricaine), REDS (Cameroun), RENAPAS (France), Réseau Santé Bouaké (Cote d’Ivoire), REVS + (Burkina Faso), Salaam Baalak Trust (Inde), Sharan (Inde), Synergie pour l’Enfance (Sénégal), TAC (Afrique du Sud), WOFAK (Kenya), etc.

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