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Schering Plough se moque des usagers de drogues

publié en ligne : 29 juin 1998

Lundi 29 juin à 20H15, les activistes d’Act Up-Paris sont intervenus durant le symposium organisé par Schering Plough.

Yves Tevessin, usager de drogue, est monté sur l’estrade pendant que d’autres activistes bloquaient le déroulement de la séance. Il a expliqué les raisons pour lesquelles Act Up-Paris dénonce le groupe pharmaceutique : le choix des usagers de drogue en France lorsqu’ils veulent un traitement de substitution se réduit aujourd’hui à deux produits et à deux galéniques. 6000 usagers de drogues sont sous Méthadone en sirop, et plus de 45 000 usagers sous SUBUTEX délivré sous forme de cachets sublinguaux.

Le laboratoire Schering-Plough a conquis une position monopole sur la substitution en France : produit joué contre les autres formes de substitution, notamment le Sulfate de Morphine, rachat de licences, quasi-exclusivité sur la formation des médecins prescripteurs, travail médiatique exploitant les tabous des drogues ( injection, plaisir, etc...). Avec des méthodes de marketing, il a imposé son produit et sa conception de la substitution, avec un pur mépris pour les usagers de drogues et leurs aspirations.

Schering Plough met les usagers en danger : il n’y a toujours pas de prise en compte des avis et des pratiques des usagers, alors même que le SUBUTEX a fait depuis 1996 au moins 20 morts par manque de mise en garde dans les notices d’utilisation (interaction avec les benzodiazépines). Le directeur médical du laboratoire a estimé que Schering-Plough n’avait aucune responsabilité dans ces décès. Les galéniques injectables ne sont toujours pas disponibles, alors que les consommateurs de SUBUTEX éprouvent le besoin d’une substitution par shoot. Pourtant les excipients qui enrobent les cachets de SUBUTEX ont des conséquences graves sur la santé des usagers qui l’injectent : veines bouchées ou sclérosée, abcès graves.

Malgré cette évidence, Schering-Plough s’obstine à vouloir réaliser son "idéal" : une substitution sans injection pour préserver leur image de marque. Sa réponse est le SUBOXONE, un SUBUTEX "inshootable" en passe d’être mis sur le marché.

Toujours pas d’étude sur l’hépatotoxicité du produit, alors que depuis plus d’un an déjà, ont été repérées des hépatites dont l’origine pourrait être le SUBUTEX.

Toujours pas d’étude sur les interactions médicamenteuses avec les antirétroviraux, les antiprotéases, les benzodiazépines et l’interféron Alpha., alors que 30% des usagers de drogues sont infectés par le VIH et 70 à 90% touché par le VHC.

Schering-Plough rend son travail le plus opaque possible. Aucune des études demandées voilà 6 mois par Act Up-Paris n’ont été engagées. Les seules réalisées, sur le SUBUTEX ont été financées par le laboratoire lui-même et présentaient le SUBUTEX comme la panacée. Les vrais problèmes n’ont jamais été abordés.

Schering Plough ne cherche que son profit. Pour le laboratoire, la santé des usagers est une entrave à ses bénéfices et a donc décidé de l’ignorer. Schering-Plough profitant de son monopole sur le marché de la "substitution à la française" bafoue les règles les plus élémentaires de la pharmacologie et décrédibilise la substitution aux yeux du grand public. Totalement insensible à ces arguments de santé publique.

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