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	<title>Act Up-Paris</title>
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	<description>Act Up-Paris est une association issue de la communaut&#233; homosexuelle, veillant &#224; d&#233;fendre toutes les populations touch&#233;es par le sida. C'est une association de personnes touch&#233;es par le VIH qui voient dans le sida avant tout une question politique.</description>
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		<title>Act Up-Paris</title>
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		<title>Chroniques de la CROI 2015 -4</title>
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		<dc:date>2015-03-13T14:57:03Z</dc:date>
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		<dc:subject>CROI 2015</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Quatri&#232;me volet des chroniques de la CROI 2015 qui se tenait fin f&#233;vrier &#224; Seattle.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://site-2003-2017.actupparis.org/local/cache-vignettes/L150xH54/arton5400-a233c.png?1695172512' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='54' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quatri&#232;me volet des chroniques de la CROI 2015 qui se tenait fin f&#233;vrier &#224; Seattle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'infection &#224; VIH au long cours n'est pas sans probl&#232;mes. La perturbation de l'immunit&#233; &#224; laquelle se rajoute la toxicit&#233; des antir&#233;troviraux aggravent les risques de contracter diverses affections dont les principales sont un risque accru de cancer, de maladies cardiovasculaires et d'atteintes r&#233;nales et osseuses. C'est principalement sur ces derniers sujets qu'&#233;taient organis&#233;es diverses sessions de ce dernier jour de conf&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Steven Greenspoon (Harvard medical school, Boston) a consacr&#233; son intervention en pl&#233;ni&#232;re &#224; l'affection cardiovasculaire chez les personnes s&#233;ropositives. Rappelant que le risque d'infarctus ou d'autres atteintes cardiovasculaires est sup&#233;rieur chez les personnes s&#233;ropositives au VIH m&#234;me avec un traitement antir&#233;troviral et bien que celui-ci att&#233;nue quand m&#234;me la progression de ces atteintes. Et m&#234;me la prescription de statines n'est pas toujours de nature &#224; am&#233;liorer les choses. En fait, le principal souci c'est l'inflammation chronique qui r&#233;sulte de l'infection par le VIH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;sentations de r&#233;sultats de recherche clinique de la matin&#233;e ont bien montr&#233; que si la rosuvastatine prescrite aux s&#233;ropositifs n'am&#233;liore que faiblement les choses dans un essai clinique contre placebo en mesurant l'&#233;volution sur le diam&#232;tre interne de la carotide (Grace A. McComsey, Case Western Reserve University &#224; Cleveland) en revanche, un produit plus r&#233;cent comme l'atorvastatine est beaucoup plus efficace sur les plaques d'ath&#233;rome (Essai &#224; Boston par S. Grinspoon et al.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les perturbations m&#233;taboliques li&#233;es au VIH ou &#224; la toxicit&#233; des antir&#233;troviraux sont nombreuses et difficiles &#224; comprendre. Alors on essaye de r&#233;duire les risques associ&#233;s comme dans l'essai de l'ANRS InterActiv qui mettait &#224; l'&#233;preuve la var&#233;nicline (Champix) contre un placebo pour &#233;tudier son efficacit&#233; dans l'arr&#234;t du tabac. Si le produit semble faire ind&#233;niablement de l'effet ce n'est pas sans risque. Les effets ind&#233;sirables de ce produit sont surtout des troubles psychiques et finalement ne s'av&#232;re pas sp&#233;cialement plus efficace qu'un bon suivi avec counselling tel qu'observ&#233; dans la population g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La toxicit&#233; r&#233;nale est un souci r&#233;current dans la mesure o&#249; bon nombre de mol&#233;cules des traitements antir&#233;troviraux sont &#233;limin&#233;s par cette voie. On a souvent observ&#233; des probl&#232;mes r&#233;naux chez des personnes dont les traitements comportent du t&#233;nofovir, des antiprot&#233;ases comme l'atazanavir ou le lopinavir ainsi que l'abacavir. Une collaboration europ&#233;enne a permis de comparer les donn&#233;es de nombreux malades dont les donn&#233;es m&#233;dicales ont &#233;t&#233; confront&#233;es au facteur de risque de d&#233;veloppement d'une maladie chronique du rein mis au point dans la cohorte D :A :D afin de d&#233;terminer de fa&#231;on pr&#233;cise quels m&#233;dicaments sont les plus toxiques pour le rein. Il r&#233;sulte de cette &#233;tude que le facteur de risque augmente avec l'exposition au t&#233;nofovir, &#224; l'AZT et au lopinavir et reste stable pour les autres antir&#233;troviraux. L'incidence de maladies chroniques du rein est la plus forte avec l'AZT, puis viennent le t&#233;nofovir et le lopinavir puis plus faible pour les autres m&#233;dicaments. Un effet cumulatif pour les mol&#233;cules les plus toxiques (t&#233;nofovir, AZT et lopinavir) a &#233;t&#233; constat&#233; dans cette &#233;tude sur 6 ans. Mais ces atteintes r&#233;nales d&#233;croissent lentement lorsque les m&#233;dicaments incrimin&#233;s sont arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, une solution pour lutter contre la toxicit&#233; des antir&#233;troviraux est aussi d'am&#233;liorer les mol&#233;cules actuelles. C'est ce que propose Gilead qui &#233;tudie le remplacement du &#171; fumarate dioproxil de t&#233;nofovir &#187; (TDF), telle que se nomme l'actuelle mol&#233;cule active du t&#233;nofovir, par une nouvelle pro-drogue (il s'agit de compos&#233;s chimiques destin&#233;s &#224; faciliter l'absorption du produit dont il r&#233;sulte au final du t&#233;nofovir dans l'organisme), l'alaf&#233;ramide de t&#233;nofovir (TAF). Le principal avantage de cette nouvelle pro-drogue est de r&#233;duire la dose n&#233;cessaire de produit absorb&#233; pour obtenir la m&#234;me dose intracellulaire de t&#233;nofovir. Elle est donc plus efficace. Et ce faisant, le produit &#224; &#233;liminer est moindre, d'o&#249; une moindre toxicit&#233;. Que dire de plus sur ces r&#233;sultats mirobolants sinon qu'ils sont pr&#233;sent&#233;s par le laboratoire qui commercialise le produit ? Certes, ce nouveau m&#233;dicament est s&#251;rement un progr&#232;s. On notera tout de m&#234;me qu'il vient tout juste &#224; point pour remplacer le t&#233;nofovir pr&#233;c&#233;dent dont le brevet vient &#224; &#233;ch&#233;ance en 2017&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; Le TPE, vous vous en souvenez ? &#187; est le titre d'une de ces petites sessions de 13h30 appel&#233;es discussions th&#233;matiques au cours desquelles un d&#233;bat s'instaure apr&#232;s quelques pr&#233;sentations rapides de petites &#233;tudes dur un th&#232;me donn&#233;. Le TPE &#233;tait l'objet de l'une d'elles. La discussion a surtout permis de rappeler la difficult&#233; &#233;norme qu'il y a de faire progresser les connaissances sur cette technique prophylactique dans la mesure o&#249; il n'a jamais &#233;t&#233; propos&#233; d'&#233;tude randomis&#233;e contre plac&#233;bo apr&#232;s les r&#233;sultats de la seule &#233;tude qui montrait un probable facteur de protection de 80% (Etude cas-t&#233;moins sur les s&#233;roconversions VIH chez le personnel de sant&#233; apr&#232;s exposition percutan&#233;e &#224; du sang contamin&#233; &#8211; Etats-Unis, France et Royaume Uni &#8211; Janvier 1988 &#224; ao&#252;t 1994 publi&#233; dans le BEH n&#176;18 &#8211; 1996).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les seules &#233;tudes qui ont permis d'avancer sur la question ont &#233;t&#233; celles r&#233;alis&#233;es sur un mod&#232;le animal dans les ann&#233;es 90 par une &#233;quipe du NIH qui ont confirm&#233; les param&#232;tres utilis&#233;s depuis pour l'administration du TPE. Il s'agit aujourd'hui de faire usage d'une trith&#233;rapie d&#233;marr&#233;e au plus tard dans les 48 heures apr&#232;s l'exposition pour une dur&#233;e de 4 semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le constat est fait qu'&#224; l'heure actuelle presque rien n'a &#233;volu&#233;. Les &#233;tudes pr&#233;sent&#233;es sur le TPE permettent tout au plus de faire &#233;voluer les combinaisons de traitements &#224; utiliser, &#233;tudes bien utiles dans la mesure o&#249; l'observance de ces 4 semaines de traitement est souvent faible &#224; cause des effets ind&#233;sirables. Le confort est donc un facteur d'am&#233;lioration av&#233;r&#233;. Il r&#233;sulte de ces &#233;tudes qu'il y a moins d'arr&#234;ts d'un traitement associant le Truvada &#224; du ralt&#233;gravir ou du maraviroc plut&#244;t que d'un traitement associant ce m&#234;me truvada &#224; du lopinavir. De m&#234;me, les tentatives de TPE associant de l'efavirenz ont montr&#233; une plus faible observance en raison des effets produits par cette mol&#233;cule. Enfin, il est clair que la proposition d'une combinaison en un seul comprim&#233; (Stribild) est aussi un garant de r&#233;ussite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer cette conf&#233;rence, un symposium ouvrant sur des perspectives s'imposait. Compte tenu des consid&#233;rables avanc&#233;es th&#233;rapeutiques de ces derniers mois voire ann&#233;es mais aussi des controverses &#224; propos du prix des traitements et donc de l'accessibilit&#233; des mol&#233;cules, un tel symposium se devait de faire le tour des perspectives en mati&#232;re d'h&#233;patite C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ashwin Balagopal (John Hopkins Univ. Baltimore) a tent&#233; de r&#233;sumer et de pr&#233;senter les enjeux de recherche actuels en mati&#232;re de physiopathologie. Il a rappel&#233; qu'on parlait ici de 180 millions de personnes atteintes, d'une &#233;pid&#233;miologie qui montrait une pr&#233;valence et une incidence un peu plus forte chez les HSH que chez les h&#233;t&#233;rosexuels et une r&#233;duction progressive de l'incidence chez les usagers de drogues m&#234;me s'il s'agit toujours de la population cible la plus touch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'infection par le VHC se traduit essentiellement par une implantation dans les cellules du foie. Entre 20% et 45% des h&#233;patocytes sont ainsi infect&#233;es, soit entre 20 et 45 milliards de cellules qui produisent chacune de une &#224; cent copies de virus par jour. Un certain nombre de personnes atteintes (20% &#224; 25%) parviennent n&#233;anmoins &#224; &#233;liminer cette infection dans les 6 mois. Les autres deviennent des malades chroniques dont la maladie &#233;volue lentement sur une moyenne d'une dizaine d'ann&#233;es. Quels sont les d&#233;terminants de cette capacit&#233; &#224; r&#233;sister &#224; l'infection ? Le genre : les femmes sont plus susceptibles d'&#233;liminer leur infection ; la co-infection avec le VIH : les s&#233;ropositifs &#233;liminent moins facilement le VHC ; l'origine ethnique : les noirs &#233;liminent moins facilement, les asiatiques plus facilement, les caucasiens &#233;tant en position statistique interm&#233;diaire ; les personnes qui ont &#233;limin&#233; une h&#233;patite C dans le pass&#233; sont plus susceptibles d'en &#233;liminer une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudes g&#233;n&#233;tiques montrent qu'il existe des variables g&#233;n&#233;tiques de susceptibilit&#233; ou, &#224; l'inverse, de r&#233;sistance &#224; l'h&#233;patite C. Ce sont les g&#232;nes des r&#233;cepteurs &#224; l'interf&#233;ron qui sont les plus associ&#233;s &#224; l'&#233;limination du VHC. Mais d'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, toutes les familles de cellules de l'immunit&#233; ont un r&#244;le dans la lutte contre ce virus : les cellules NK sont capables de restreindre la propagation du virus, les anticorps neutralisants sont associ&#233;s avec diverses mutations de l'enveloppe virale, les lymphocytes T voient leur action diminuer avec le temps dans les infections chroniques. Tout un ensemble d'&#233;l&#233;ments qui font dire &#224; notre orateur que non seulement il semble possible de concevoir un vaccin contre le VHC mais que ce serait probablement la solution la plus efficace pour &#233;radiquer cette maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gregory Dore (Sydney, Australie) a ensuite abord&#233; la question de l'h&#233;patite C sous un angle plus orient&#233; sant&#233; publique et pos&#233; pour cela quelques questions essentielles. Des questions de terminologie, notamment, avec la d&#233;finition de ce que l'on vise, l'&#233;radication (suppression totale) , l'&#233;limination (sous-entendue du risque, c'est-&#224;-dire un niveau de transmission sub-optimal pour d&#233;velopper une &#233;pid&#233;mie) ou le contr&#244;le de l'&#233;pid&#233;mie. Ainsi les mod&#233;lisations &#224; partir des possibilit&#233;s th&#233;rapeutiques actuelles permettent d'affirmer que l'&#233;limination est possible. Elles ont m&#234;me &#233;t&#233; chiffr&#233;es par les Australiens qui visent 2027 avec 80% de personnes atteintes gu&#233;ries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les d&#233;fis de cette lutte, celui du d&#233;pistage est important tant pour mesurer la r&#233;elle ampleur de l'&#233;pid&#233;mie que pour atteindre les personnes concern&#233;es en termes de prise en charge. Les d&#233;terminants de communication qui ont pu &#234;tre recens&#233;s en la mati&#232;re sont les usagers de drogue et plus particuli&#232;rement de traitements de substitution aux opiac&#233;s, les prisonniers, les HSH, mais pas la g&#233;n&#233;ration des baby boomers. L'Australie met actuellement en &#339;uvre un vaste programme visant &#224; une strat&#233;gie de TasP, c'est-&#224;-dire de prise en charge la plus pr&#233;coce et la plus vaste possible destin&#233;e &#224; couper les cha&#238;nes de transmission. Les populations prioritaires de ce programme sont les HSH s&#233;ropositifs au VIH et les prisonniers. Un vaste programme de d&#233;pistage et de traitement de l'h&#233;patite C nomm&#233; STOPC a ainsi &#233;t&#233; initi&#233; dans les prisons australiennes en commen&#231;ant par les quartiers de haute s&#233;curit&#233; puis devant s'&#233;tendre aux autres prisons. Ce programme d&#233;clin&#233; sur la p&#233;riode 2014 &#8211; 2019 pr&#233;voit de soigner toutes les personnes d&#233;pist&#233;es par un traitement sans interf&#233;ron. C'est un mod&#232;le de pragmatisme et de courage politique en mati&#232;re de sant&#233; publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le programme CEASE vise l'&#233;limination de l'h&#233;patite C chez les HSH s&#233;ropositifs au VIH. On estime qu'entre les 28800 s&#233;ropositifs au VIH et les 230000 s&#233;ropositifs au VHC en Australie, il existe une population de co-infect&#233;s d'environ 10% qui doivent &#234;tre la priorit&#233; en mati&#232;re de traitement du VIH. La cascade australienne de prise en charge montrant que 86% des s&#233;ropositifs sont d&#233;pist&#233;s et 62% vivent avec un traitement efficace est un r&#233;sultat plut&#244;t garant d'efficacit&#233; du syst&#232;me de soins australien et donne des gages de r&#233;ussite de ce programme. Enfin, Pour ce qui concerne les usagers de drogue, le constat qui est fait &#224; ce jour en mati&#232;re d'h&#233;patite montre une divergence tr&#232;s nette entre les jeunes injecteurs, plus enclins &#224; partager les seringues et donc &#224; propager l'&#233;pid&#233;mie et les plus &#226;g&#233;s, contamin&#233;s depuis longtemps et donc plut&#244;t en proie avec l'&#233;volution d'une maladie chronique vers la cirrhose. Le d&#233;fi de l'h&#233;patite C est donc clairement celui de l'acc&#232;s aux soins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point th&#233;rapeutique a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; par Mark S. Sulkowski (John Hopkins univ. Baltimore) Un point essentiellement technique dans lequel on a d&#233;couvert que l'imagination en noms de mol&#233;cules &#233;tait intarissable. En entendant cette incroyable multiplication de nouveaux traitements, on a peine &#224; se souvenir des ann&#233;es 80 au cours desquelles le virus de l'h&#233;patite C a &#233;t&#233; isol&#233; &#224; une &#233;poque domin&#233;e par la probl&#233;matique du sida et o&#249; l'on parlait encore de virus h&#233;patique non-A non-B. Depuis, l'&#233;volution de la th&#233;rapeutique a connu un cheminement un peu similaire &#224; celui du sida marqu&#233; par la r&#233;volution des trith&#233;rapies. En effet, l'apparition tr&#232;s r&#233;cente de mol&#233;cules &#224; cible virale et de leur combinaison en multith&#233;rapies hautement efficace met fin aux nombreuses ann&#233;es de traitement immunostimulant combinant interf&#233;ron et ribavirine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principales caract&#233;ristiques de ce changement sont la disparition des effets ind&#233;sirables tr&#232;s lourds de cette ancienne th&#233;rapeutique, la dur&#233;e des th&#233;rapies mais surtout l'efficacit&#233; consid&#233;r&#233;e avec les derni&#232;res combinaisons comme presque totale contre toute la diversit&#233; des souches du VHC. L'explosion de l'apparition de ces traitements &#224; cible virale n'est encore de loin pas termin&#233;e puisqu'elle se d&#233;cline &#224; la fois en terme de multiplication des familles de mol&#233;cules dirig&#233;es vers diff&#233;rentes &#233;tapes du cycle de reproduction du virus mais aussi en termes de concurrence &#233;conomique, lutte acharn&#233;e entre les plus grandes firmes pharmaceutiques avides de se tailler une part de ce g&#226;teau impressionnant que constitue l'h&#233;patite C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, &#171; last but not least &#187;, il fallait bien la sagesse de Marion G. Peters (UCSF) pour aborder le d&#233;fi le plus vertigineux dans l'&#233;pid&#233;mie d'h&#233;patite C, la question du prix des m&#233;dicaments. Sans reprendre tous les &#233;l&#233;ments qu'elle a pr&#233;sent&#233;s et qui concernaient essentiellement les Etats-Unis au syst&#232;me de soins d&#233;cid&#233;ment indescriptible de complexit&#233;, on se contentera de remarquer qu'au prix des th&#233;rapies actuelles, la prise en charge des quelques 180 millions de personnes atteintes dans le monde revient &#224; une d&#233;pense pratiquement &#233;quivalente au PIB des Etats-Unis. Ce qu'il ne faudrait surtout pas oublier, c'est que si les permi&#232;res solutions th&#233;rapeutiques semblent hors d'atteinte pour la plupart des malades, il est clair qu'avec la concurrence effr&#233;n&#233;e et les lois du march&#233;, cette situation &#233;voluera certainement plus vite qu'on n'aura le temps de prendre r&#233;ellement en charge toutes les personnes atteintes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Chroniques de la CROI 2015 -3</title>
		<link>https://site-2003-2017.actupparis.org/spip.php?article5395</link>
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		<dc:subject>PrEPs</dc:subject>
		<dc:subject>Pr&#233;vention</dc:subject>
		<dc:subject>CROI 2015</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Bref retour sur les symposiums des derniers jours &#224; la CROI 2015 qui se terminait hier &#224; Seattle&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://site-2003-2017.actupparis.org/spip.php?rubrique325" rel="directory"&gt;CROI 2015&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://site-2003-2017.actupparis.org/spip.php?mot2106" rel="tag"&gt;PrEPs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://site-2003-2017.actupparis.org/spip.php?mot2493" rel="tag"&gt;Pr&#233;vention&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://site-2003-2017.actupparis.org/spip.php?mot2962" rel="tag"&gt;CROI 2015&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://site-2003-2017.actupparis.org/local/cache-vignettes/L150xH54/arton5395-73689.png?1695172397' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='54' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Bref retour sur les symposiums des derniers jours. Deux d'entre eux ont retenu notre attention parce qu'ils permettent de prendre un peu de recul sur la folle journ&#233;e de mardi et des r&#233;sultats des essais PrEP.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le premier d'entre eux, mardi soir, abordait les imp&#233;ratifs actuels de la pr&#233;vention et des traitements du VIH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En particulier, Marie Laga (Institut de m&#233;decine tropicale d'Anvers) nous a pr&#233;sent&#233; un topo particuli&#232;rement complet sur les infections sexuellement transmissibles. Il n'a certainement &#233;chapp&#233; &#224; personne que les pr&#233;sentations des r&#233;sultats de la matin&#233;e sur la PrEP comportaient des taux d'infections sexuellement transmissibles de 30% voire plus parmi les participants &#224; ces essais. Aussi ce retour s'imposait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une premi&#232;re partie historique, Marie Laga pr&#233;sente l'explosion des IST dans les ann&#233;es 60-70 que les commentaires de l'&#233;poque associaient &#224; la r&#233;volution sexuelle, &#224; l'&#233;mergence de la contraception ou encore &#224; la lib&#233;ration gay. L'apparition du sida au d&#233;but des ann&#233;es 80 correspond &#224; une p&#233;riode de d&#233;clin drastique de ces maladies inversement corr&#232;le &#224; la mortalit&#233; due au sida. Parmi les questions &#233;mergentes de l'&#233;poque, celle de savoir si les IST pouvaient jouer le r&#244;le de cofacteur de l'infection &#224; VIH ont fini par &#234;tre oubli&#233;es avec le d&#233;clin de ces infections. Au cours des deux d&#233;cennies qui ont suivi, on a &#233;t&#233; jusqu'&#224; voir une disparition quasi-totale de la syphilis dans les pays industrialis&#233;s. L'herp&#232;s simplex est apparu tr&#232;s peu de temps avant le VIH et son d&#233;veloppement est quasi concomitant de l'&#233;pid&#233;mie de sida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tournant de ce d&#233;clin se situe autour des ann&#233;es 99-2000. La baisse drastique de la mortalit&#233; li&#233;e &#224; l'arriv&#233;e des trith&#233;rapies, le regain de vitalit&#233; des personnes vivant avec le VIH et le recul de la peur conduisent &#224; une utilisation moins consistante du pr&#233;servatif et cons&#233;cutivement a une reprise des infections sexuellement transmissibles. On l'associe volontiers &#224; une lassitude de la pr&#233;vention, &#224; l'&#233;mergence de nouveaux moyens de rencontre (internet) et a une certaine d&#233;socialisation de la communaut&#233; gay.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles perspectives ouvertes par la pr&#233;vention biom&#233;dicale, la PrEP, malgr&#233; le fait qu'on n'ait pas observ&#233; de ph&#233;nom&#232;ne de compensation des risques posent clairement la question des IST contre lesquelles elles n'assurent aucune protection. De plus, au plan mondial, on observe des taux tr&#232;s &#233;lev&#233;s d'IST chez les gays dans les pays &#224; faibles ressources. Il apparait donc plus que jamais n&#233;cessaire de promouvoir la sant&#233; sexuelle, de favoriser l'information face aux choix propos&#233;s, de promouvoir l'acc&#232;s aux soins et le respect des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres pr&#233;sentations sur les risques et les vuln&#233;rabilit&#233;s des gays en Afrique sub-saharienne, l'&#233;volution des comportements face &#224; la pr&#233;vention et aux traitements ont aussi &#233;t&#233; d'un tr&#232;s grand int&#233;r&#234;t. La pr&#233;sentation d'un repr&#233;sentant de la banque mondiale sur l'impact de la protection sociale et les incitations financi&#232;res sur la pr&#233;vention du VIH ont n&#233;anmoins laiss&#233; l'auditoire quelque peu dubitatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le symposium de mercredi soir, &#171; la pr&#233;vention du VIH : le&#231;ons de la biologie, de la m&#233;decine et des l&#233;gislations sur la sant&#233; publique &#187; &#233;tait en quelque sorte une continuit&#233; de celui de la veille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sum&#233; des connaissances sur la biologie de la transmission du VIH de Julie M. Overbaugh (Seattle) ne nous apprenait certes pas tant de choses nouvelles. Il mettait surtout en perspective cet &#233;tat de connaissances avec les donn&#233;es des recherches sur la PrEP dans le sens o&#249; ils permettaient de comprendre les raisons pour lesquelles cette proposition de pr&#233;vention biom&#233;dicale a des limites et des contraintes : diff&#233;rences entre transmission sexuelle anale et vaginale, pr&#233;f&#233;rence pour certaines cibles virales plus que d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christophe Frazer (Imperial College, Londres) s'est plus int&#233;ress&#233; &#224; ce que les &#233;tudes phylog&#233;n&#233;tiques peuvent apporter &#224; la pr&#233;vention. Certes la phylog&#233;n&#233;tique est une science un peu ardue pour qui n'est pas habitu&#233;. Il s'agit de l'&#233;tude des g&#233;nomes. Appliqu&#233;e au VIH, cela permet de mesurer l'&#233;volution en comparant les s&#233;quences d'ARN et de caract&#233;riser la parent&#233; entre souches &#224; la fois en termes de similitude plus ou moins grande mais aussi en termes de temps d'&#233;volution. Mais pour produire des r&#233;sultats int&#233;ressants elle n&#233;cessite du temps et d'immenses bases de donn&#233;es. Elle est aussi une science r&#233;cente puisque les outils permettant l'analyse de g&#233;nomes entiers en grand nombre n'est possible que depuis un pass&#233; r&#233;cent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les principaux r&#233;sultats que Christophe Frazer nous a pr&#233;sent&#233; sont le r&#233;sultat de l'analyse des virus des 17006 personnes s&#233;ropositives des Pays-Bas parmi lesquelles 10161 sont issus de contamination par relations sexuelles entre hommes. Ces analyses ont montr&#233; dans un premier temps qu'il existait notamment 91 chaines de contamination majoritaires dans les virus des hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes, 1 seule chaine regroupant 66% des virus de contamination chez les usagers de drogue par voie intraveineuse. Ce que l'analyse dynamique montre, c'est que les chaines r&#233;cemment apparues sont celles qui connaissent le d&#233;veloppement le plus puissant. En combinant l'ensemble de ces donn&#233;es, il est alors possible de d&#233;terminer d'o&#249; proviennent les nouvelles infections. Elles sont, selon ce sch&#233;ma issues a 69,2% de personnes non d&#233;pist&#233;es, &#224; 23,7% de personnes d&#233;pist&#233;es mais non suivies et donc &#224; 6,1% d'origine de personnes s&#233;ropositives m&#233;dicalement suivies. Sa remarque par rapport &#224; ce r&#233;sultat dans le contexte des &#233;tudes PrEP a &#233;t&#233; de dire qu'au moins 60% de ces contaminations auraient pu &#234;tre &#233;vit&#233;es si la moiti&#233; des personnes r&#233;cemment infect&#233;es avaient fait usage de la PrEP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs projets multinationaux comme le projet europ&#233;en BEEHIVE (incluant le centre de r&#233;f&#233;rence du VIH de Tours en France) et d'autres devraient prochainement d&#233;boucher sur ce m&#234;me type d'analyse a beaucoup plus grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la journ&#233;e de jeudi, dernier jour de la conf&#233;rence, nous examinerons d'autres r&#233;sultats et d'autres perspectives d'une part sur la question des comorbidit&#233;s chez les personnes s&#233;ropositives, une question essentielle en regard du vieillissement de la population des personnes s&#233;ropositives, d'autre part les r&#233;sum&#233;s et commentaires de la discussion th&#233;matique &#171; le TPE, vous vous souvenez ? &#187; et enfin, last but not least, les perspectives dans le traitement du VHC avec l'arriv&#233;e des th&#233;rapies efficaces.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Chroniques de la CROI 2015 -2</title>
		<link>https://site-2003-2017.actupparis.org/spip.php?article5393</link>
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		<dc:date>2015-02-26T08:37:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>PrEPs</dc:subject>
		<dc:subject>CROI 2015</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Ce deuxi&#232;me jour de CROI, un sujet d'actualit&#233; est &#224; l'honneur plus que les autres. On parle pr&#233;vention biom&#233;dicale &#224; Seattle et plus sp&#233;cifiquement PrEP.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://site-2003-2017.actupparis.org/local/cache-vignettes/L150xH54/arton5393-8be1c.png?1695172512' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='54' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce deuxi&#232;me jour de CROI, un sujet d'actualit&#233; est &#224; l'honneur plus que les autres. On parle pr&#233;vention biom&#233;dicale &#224; Seattle et plus sp&#233;cifiquement PrEP.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La pl&#233;ni&#232;re qui d&#233;bute la journ&#233;e a &#233;t&#233; l'occasion de r&#233;sumer les &#233;pisodes pr&#233;c&#233;dents, si l'on peut dire, en rappelant les diff&#233;rents r&#233;sultats d&#233;j&#224; collectes, 42% d'efficacit&#233; dans l'essai iPrEx en 2012, essai international ayant inclus des gays et trans et qui a r&#233;v&#233;l&#233; que le talon d'Achille de cette technique &#233;tait l'observance comme disent les scientifiques. Nous y reviendrons. Mais aussi les 75% d'efficacit&#233; obtenus dans Partners prep avec des couples h&#233;t&#233;rosexuels serodifferents et puis la difficult&#233; rencontr&#233;e dans les essais chez les femmes dont les r&#233;sultats sont un rat&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, Raphael J. Landowitz a rappel&#233; comment on a &#233;tudi&#233; et tritur&#233; ces donn&#233;es dans tous les sens en stratifiant les donn&#233;es en fonction de l'observance pour se dire que finalement &#231;a devait marcher, et m&#234;me tr&#232;s bien, et que finalement, il fallait oser l'&#233;crire, la PrEP, &#231;a marche quand on s'en sert !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est apr&#232;s l'approbation par l'administration am&#233;ricaine en 2012 de l'utilisation du truvada en PrEP que les difficult&#233;s du terrain sont apparues. Quels m&#233;decins peuvent, ou ont le droit, de prescrire, pour qui exactement, avec quel suivi. ? M&#234;me si ces &#233;l&#233;ments &#233;taient d&#233;j&#224; connus, ils n'avaient jamais subi l'&#233;preuve du terrain et de nombreuses exp&#233;riences de mise &#224; niveau ont &#233;t&#233; n&#233;cessaires et le seront encore. Il est clair que les exp&#233;riences de New York ou de San Francisco, particuli&#232;rement engag&#233;es, seront profitables pour lancer l'exp&#233;rience en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous n'en sommes qu'au d&#233;but. Pourtant, si beaucoup de choses restent &#224; inventer, il est de plus en plus clair pour tous que l'accompagnement des personnes apparait appara&#238;t d&#233;j&#224; comme le d&#233;terminant de la r&#233;ussite de l'impl&#233;mentation des PrEPs. Mais de quoi parle-t-on quand on dit &#231;a ? En fait les choses seront plus d&#233;velopp&#233;es plus tard dans la journ&#233;e. Pour la pl&#233;ni&#232;re de ce matin on s'est contente content&#233; de poser une autre question non moins int&#233;ressante : de combien de PrEP a-t-on besoin pour r&#233;ussir ? Autrement dit quel est le niveau d'impl&#233;mentation n&#233;cessaire pour infl&#233;chir l'&#233;pid&#233;mie ? Pour l'heure on en reste aux mod&#232;les math&#233;matiques. Affaire &#224; suivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La session de pr&#233;sentations orales est le moment attendu de la journ&#233;e. Sheena MacCormac ouvre le bal avec la pr&#233;sentation des r&#233;sultats de l'&#233;tude anglaise PROUD. Explication de l'essai : l'objectif &#233;tait de monter un essai qui &#233;value ce que la PrEP donne chez les gays dans la vraie vie. D'o&#249; les d&#233;pistages, examens et prises en charges diverses organis&#233;es tels qu'en routine. Sauf qu'il y a de la PrEP et que c'est une recherche dans laquelle les participants (il y en a eu au total 545) sont r&#233;partis par tirage au sort en deux groupes, l'un qui b&#233;n&#233;ficie de la PrEP tout de suite (276) versus l'autre qui ne l'aura que dans un an (269). Et on compare. R&#233;sultat : 3 infections aux VIH dans le groupe imm&#233;diat versus 19 dans le groupe diff&#233;r&#233; malgr&#233; la prescription de 174 TPE au cours de l'essai. Ce qui revient &#224; dire que la strat&#233;gie a prot&#233;g&#233; &#224; 86% (intervalle de confiance &#224; 90% : 62-96% ; P=0.0002). C&#244;t&#233; observance, le dispositif est assez succinct puisque bas&#233; essentiellement sur le nombre de prescriptions de Truvada effectu&#233; aux participants. Il ne faut pas perdre de vue que le protocole recommand&#233; ici est la PrEP en continu, une pilule par jour. C&#244;t&#233; d&#233;pistage d'IST, c'est &#224; peu pr&#232;s la m&#234;me chose dans les deux groupes, 29% dans le groupe imm&#233;diat versus 27% dans le groupe diff&#233;r&#233;. Le produit a &#233;t&#233; bien tol&#233;r&#233; dans l'ensemble mais il est &#224; d&#233;plorer l'apparition de r&#233;sistances &#224; l'emtricitabine dans les trois cas de contamination du groupe imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A suivi la pr&#233;sentation par Jean-Michel Molina des r&#233;sultats de la phase en double aveugle de l'essai IPERGAY. L'essai propose de tester l'efficacit&#233; d'une PrEP &#171; &#224; la demande &#187;, c'est-&#224;-dire en suivant un protocole bien pr&#233;cis de prises en fonction de l'intention des participants. Le sch&#233;ma typique est deux pilules de truvada au moins deux heures avant un risque d'exposition puis une pilule 24h apr&#232;s puis encore une 24h apr&#232;s la pr&#233;c&#233;dente. Sch&#233;ma minimum pour, disons, un rapport sexuel. Pour prolonger la s&#233;quence, il suffit de continuer &#224; prendre une pilule par 24h tant qu'on &#233;prouve le besoin d'&#234;tre prot&#233;g&#233; et de terminer la s&#233;quence par les deux pilules hors exposition au risque. L'accompagnement offert aux participants par l'essai n'est pas vraiment de la routine. C'est plut&#244;t la classe luxe. Conseils en pr&#233;vention, mise &#224; disposition de pr&#233;servatifs et gel, vaccinations si besoin, TPE en cas de besoin, d&#233;pistage et prise en charge des IST ainsi que de l'h&#233;patite C,&#8230; Mais il faut dire que les volontaires recrut&#233;s sont r&#233;partis par tirage au sort en deux groupes, l'un recevant du truvada, l'autre un placebo mais sans que les participants (pas plus que leurs m&#233;decins) ne sachent ce qu'ils prennent. Au final, le comit&#233; ind&#233;pendant de l'essai, apr&#232;s avoir examin&#233; les donn&#233;es r&#233;elles en novembre 2014 a recommand&#233; l'arr&#234;t imm&#233;diat du bras placebo et la mise &#224; disposition de PrEP &#224; tous les participants, jugeant que la preuve &#233;tait faite. En effet, sur les 414 personnes recrut&#233;es et r&#233;parties dans les deux groupes &#224; cette &#233;poque, on a observ&#233; 16 contaminations. 14 concernent les personnes du groupe placebo et ces contaminations sont r&#233;parties tout au long de l'&#233;tude. Deux concernent le groupe truvada et sont intervenues presque simultan&#233;ment apr&#232;s un an et demi d'&#233;tude. Ces donn&#233;es d&#233;terminent l'efficacit&#233; montr&#233;e par l'essai : avec 6,75 pour cent personne-ann&#233;e infect&#233;e dans le groupe placebo versus 0,94 pour cent personne-ann&#233;e infect&#233;e dans le groupe truvada, l'essai d&#233;montre que le truvada prot&#232;ge de l'infection &#224; 86% (intervalle de confiance &#224; 95% : 39.4-98.5%, P=0.002). Mais ce n'est pas tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux recueils de donn&#233;es pour mesurer ce que les gens ont fait au cours de l'essai ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s. Et des dosages de m&#233;dicaments dans le sang ont &#233;t&#233; effectu&#233;s pour v&#233;rifier la r&#233;alit&#233;. De tout ceci il r&#233;sulte plusieurs choses int&#233;ressantes. Les participants ont utilis&#233; en moyenne 14 pilules par mois. Quand on regarde la r&#233;partition de cette utilisation on ne trouve qu'un joli patchwork tr&#232;s bigarr&#233; mais aucun comportement privil&#233;gi&#233; ne ressort. Et enfin, les deux personnes contamin&#233;es dans le groupe truvada n'utilisaient plus le traitement depuis quelque temps lorsqu'elles ont &#233;t&#233; contamin&#233;es. Tout ceci donne &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la fois sur la &#171; vraie vie &#187; de l'utilisation de truvada et aussi sur la r&#233;elle efficacit&#233; d&#233;montr&#233;e par l'essai. Hormis tout &#231;a, pas de souci majeur de tol&#233;rance du truvada dans l'essai. Quant aux IST, on est &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me niveau que dans PROUD, ici, 34% de personnes concern&#233;es dans l'essai quel que soit le groupe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien d'autres pr&#233;sentations de cette session m&#233;riteraient aussi quelques commentaires. Mais il s'agissait l&#224; des r&#233;sultats les plus attendus et les moins connus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'apporte le r&#233;sultat d'IPERGAY c'est sans conteste une certaine satisfaction &#224; la vue de ces 86%. Mais en fait, il faut aller bien au-del&#224;. On a senti que chez les journalistes durant la conf&#233;rence de presse qui a suivi la session comme une progressive prise de conscience qu'IPERGAY, c'&#233;tait autre chose que juste un essai de PrEP de plus qui marche. Il y a dans ce concept de PrEP &#171; a la demande &#187; une nouvelle proposition qui renverse les discours entendus jusque-l&#224; propos de l'observance. Les personnes qui prennent de la PrEP ne sont pas des malades. On ne leur inflige pas un traitement &#224; suivre &#224; la lettre, IPERGAY offre aux personnes un nouveau dispositif de pr&#233;vention et la libert&#233; qui va avec de l'utiliser ou de ne pas l'utiliser, de choisir &#171; non, pas de pilule bleue, ce soir, c'est capote &#187;. Et ils l'ont montr&#233; ! Il y a plus d'utilisation de pr&#233;servatif par les participants &#224; la fin d'IPERGAY qu'au d&#233;but. Les journalistes &#233;taient &#233;tonnants, on aurait cru des enfants d&#233;couvrant un nouveau jouet : untel de San Francisco &#171; mais alors si quelqu'un se pr&#233;pare un week end de fun, il d&#233;marre le vendredi et le lundi il arr&#234;te ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu la fin d'une longue p&#233;riode de recherche, mais c'est aussi le d&#233;but d'une p&#233;riode de mise en &#339;uvre &#224; laquelle nous venions d'assister.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Chroniques de la CROI 2015 -1</title>
		<link>https://site-2003-2017.actupparis.org/spip.php?article5391</link>
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		<dc:date>2015-02-25T16:37:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>CROI 2015</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Seattle le 23 f&#233;vrier 2015 &#8211; La Conf&#233;rence sur les r&#233;trovirus et les maladies opportunistes (la CROI), &#233;dition 2015, vient d'ouvrir ses portes au centre de conf&#233;rences de Seattle.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://site-2003-2017.actupparis.org/spip.php?mot2962" rel="tag"&gt;CROI 2015&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://site-2003-2017.actupparis.org/local/cache-vignettes/L150xH54/arton5391-07d03.png?1695172512' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='54' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pr&#233;s de 34 ans apr&#232;s le d&#233;but de la crise du sida, plus grand chose ne ressemble finalement a ce que les premiers conf&#233;renciers des ann&#233;es 80 ont connu. Sauf peut-&#234;tre un sujet dont la persistance d&#233;montre la difficult&#233;, la recherche vaccinale. Rien d'&#233;tonnant donc que cette session de pr&#233;-conf&#233;rence de lundi sens&#233;e pr&#233;senter aux jeunes investigateurs les sujets de fond de la recherche abord&#233;s lors de cette conf&#233;rence ait d&#233;but&#233; par l&#224;. Une mani&#232;re de ne pas rompre avec les bons vieux classiques du genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Galit Alter, pour ne pas rebuter d'embl&#233;e, a parl&#233; du verre a moiti&#233; vide ou a moiti&#233; plein afin de tenter de situer l'avanc&#233;e de la recherche vaccinale. Pas vraiment rassurant. Mais ensuite elle d&#233;crit avec une ferveur de chercheur ce que des ann&#233;es de recherche ont produit comme si ca allait de soi. Pour qu'un vaccin marche, il faut que ses effets induits permettent de bloquer l'infection et de tuer les toutes premi&#232;res cellules infect&#233;es. Elle a aussi rappel&#233; le long processus par lequel on a s&#233;lectionn&#233; les meilleurs candidats d'anticorps capables de neutraliser le VIH puis comment on a tent&#233; de mettre au point les antig&#232;nes que devra contenir le vaccine afin de stimuler la production de ces anticorps. Et puis plus r&#233;cemment comment, essai apr&#232;s essais, on a mis au point des techniques de vaccinations successives capables d'affiner la pr&#233;cision de ces anticorps. 30 ans qu'on est l&#224; dessus et tout devient simple !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre sujet tant attendu dans cette CROI, pr&#233;sent&#233; par Susan P. Buchbinder, ce qu'elle nomme elle-m&#234;me la &#8220;pr&#233;vention 2.0&#8221;. Elle explique que depuis trente ans, les outils de la pr&#233;vention sont les campagnes de sant&#233; publique, le d&#233;pistage et les pr&#233;servatifs. Et puis voila qu'en quelques ann&#233;es ce paysage bien &#233;tabli vient d'&#234;tre chamboul&#233; par des interventions nouvelles qui remettent en question tout le bon ordonnancement des habitudes. Ce sont la circoncision, la PrEP et le TasP. Trois outils dont les sp&#233;cificit&#233;s doivent &#234;tre bien comprises pour ce qu'elles sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La circoncision prot&#232;ge &#224; 58% a long terme de la transmission h&#233;t&#233;rosexuelle de la femme (s&#233;ropositive) a l'homme. Un r&#233;sultat pourtant limit&#233; mais aussi en passe de changer bien des choses dans des pays du sud ou le d&#233;veloppement de l'&#233;pid&#233;mie est essentiellement h&#233;t&#233;rosexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La PrEP, ou prophylaxie pr&#233;-Exposition, bref, l'utilisation d'antir&#233;troviraux en pr&#233;vention de la transmission du VIH, a fait ces derni&#232;res ann&#233;es des progr&#232;s consid&#233;rables. Les derniers r&#233;sultats, les meilleurs obtenus jusque la, seront pr&#233;sent&#233;s lors de cette conf&#233;rence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le TasP ou &#8220;treatment as prevention&#8221; est la facult&#233; maintenant clairement document&#233;e que le traitement antir&#233;troviral a de r&#233;duire la transmission du virus de 96% (r&#233;sultats de l'essai HPTN052) lorsqu'il est efficace chez une personne s&#233;ropositive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre sujet sera aussi tr&#232;s pr&#233;sent a cette CROI 2015, c'est le concept de gu&#233;rison. C'est John M. Coffin qui a pr&#233;sent&#233; dans cette matin&#233;e de lundi le point sur la situation. Le mot cl&#233; ici, c'est r&#233;servoir. La d&#233;finition qu'il en donne r&#233;sume tr&#232;s bien l'enjeu : le reservoir ce sont les cellules et les sources virales capables de produire un rebond de charge virale lorsqu'on arrete un traitement antiretroviral qui bloquait le d&#233;veloppement de l'infection. Cette piste de recherche de l'&#233;radication de l'infection a VIH vise donc essentiellement &#224; faire mieux que ce qu'on sait faire jusque l&#224; avec des traitements antir&#233;troviraux, &#224; savoir, &#233;liminer les sources virales que ces traitements ne peuvent &#233;liminer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voila, avec quelques autres sujets plus techniques, de quoi sera compose les trois prochains jours de cette conf&#233;rence de Seattle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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