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	<title>Act Up-Paris</title>
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	<description>Act Up-Paris est une association issue de la communaut&#233; homosexuelle, veillant &#224; d&#233;fendre toutes les populations touch&#233;es par le sida. C'est une association de personnes touch&#233;es par le VIH qui voient dans le sida avant tout une question politique.</description>
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		<title>Act Up-Paris</title>
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		<title>Sans b&#226;ton, tambour ni trompette</title>
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		<dc:date>2004-09-08T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Labb&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>r&#233;duction des risques li&#233;s aux drogues</dc:subject>
		<dc:subject>les tribunes d'Act Up-Paris</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;pression de l'usage de drogues</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le quartier de Stalingrad est l'un des trois ou quatre principaux lieux parisiens du trafic de crack. Du fait de sa r&#233;putation, de son d&#233;labrement urbanistique, de sa proximit&#233; avec les gares et le p&#233;riph&#233;rique, il restera sans doute un point de deal important pendant de nombreuses ann&#233;es. Les usagers de drogues qui viennent y acheter leurs produits sont g&#233;n&#233;ralement des personnes extr&#234;mement pr&#233;caris&#233;es, souvent sans papiers, sans revenu, sans abri et dans des situations sanitaires des plus pr&#233;occupantes. Ils sont en danger, constamment : face au sida, aux h&#233;patites, au froid, &#224; la violence de la rue, &#224; la violence de la police. Pour tenter de r&#233;pondre &#224; cette situation, deux logiques s'affrontent, sur le fond et sur la forme, parmi ses habitants.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://site-2003-2017.actupparis.org/spip.php?mot44" rel="tag"&gt;r&#233;duction des risques li&#233;s aux drogues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://site-2003-2017.actupparis.org/spip.php?mot197" rel="tag"&gt;les tribunes d'Act Up-Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://site-2003-2017.actupparis.org/spip.php?mot1079" rel="tag"&gt;r&#233;pression de l'usage de drogues&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le quartier de Stalingrad est l'un des trois ou quatre principaux lieux parisiens du trafic de crack. Du fait de sa r&#233;putation, de son d&#233;labrement urbanistique, de sa proximit&#233; avec les gares et le p&#233;riph&#233;rique, il restera sans doute un point de deal important pendant de nombreuses ann&#233;es. Les usagers de drogues qui viennent y acheter leurs produits sont g&#233;n&#233;ralement des personnes extr&#234;mement pr&#233;caris&#233;es, souvent sans papiers, sans revenu, sans abri et dans des situations sanitaires des plus pr&#233;occupantes. Ils sont en danger, constamment : face au sida, aux h&#233;patites, au froid, &#224; la violence de la rue, &#224; la violence de la police. Pour tenter de r&#233;pondre &#224; cette situation, deux logiques s'affrontent, sur le fond et sur la forme, parmi ses habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un c&#244;t&#233;, le Collectif anti-crack, on conna&#238;t leur discours : &#171; La rue appartient aux riverains. &#187; On conna&#238;t leurs actions &#233;galement. La premi&#232;re fut d'organiser des manifestations avec des slogans aussi avenants que &#171; Non &#224; l'ins&#233;curit&#233;, la police doit faire son travail &#187;. La seconde de mettre en place des rondes de nuit pour &#171; rencontrer &#187; les toxicomanes et les autres. Le seul parmi eux qui avait une r&#233;elle d&#233;marche de rencontre, une v&#233;ritable aspiration &#224; &#233;changer avec les usagers, s'est rapidement senti isol&#233; devant cette logique de western qui divise le monde en bons et m&#233;chants ; il a quitt&#233; le groupe. On conna&#238;t enfin les r&#233;sultats dont ils se sont satisfaits. Le principal fut le d&#233;placement des usagers de drogues vers les quartiers voisins (souvenez-vous de la sc&#232;ne du reportage de France 2 o&#249; ils offraient un ticket de m&#233;tro &#224; un usager &#224; la condition que celui-ci quitte le quartier pendant au moins une heure). Ensuite, l'expulsion d'un squatt o&#249; des usagers de drogues avaient trouv&#233; refuge : en fait, le soi-disant relogement des familles qui y vivaient avait &#233;t&#233; obtenu depuis longtemps par le DAL et n'attendait plus que l'ach&#232;vement d'une r&#233;sidence sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que les t&#233;l&#233;visions ont moins montr&#233;, en revanche, c'est qu'au-del&#224; de ses p&#233;r&#233;grinations nocturnes, ce groupuscule est une v&#233;ritable machine &#224; produire du discours s&#233;curitaire dans les d&#233;bats sur l'usage de drogues. Son leader charismatique, Fran&#231;ois Nicolas (polytechnicien et haut-fonctionnaire) est parti en croisade contre la politique de &#171; r&#233;duction des risques &#187; (&#233;change de seringues, substitution, &#171; boutiques &#187;.) qu'il d&#233;signe comme la m&#232;re de tous les maux en vertu de raisonnements iniques (&#034; la r&#233;duction des risques nettoie la seringue mais pas son contenu &#034;) fond&#233;s sur des obsessions m&#233;taphysiques d'un autre temps (&#171; le toxicomane est un nihiliste &#187;). La r&#233;duction des risques est pourtant la politique qui a permis la r&#233;duction massive de 80 % des overdoses mortelles, la baisse des contaminations par injection du sida de 30 % &#224; 3 % des nouveaux cas et a m&#234;me grandement r&#233;duit la d&#233;linquance li&#233;e &#224; l'usage de drogues, notamment par l'acc&#232;s &#224; la substitution. On aimerait faire abstraction du verbiage incoh&#233;rent de cet apprenti sorcier en rappelant ces chiffres et ces vies sauv&#233;es mais le fait est que le ferment r&#233;pressif de leur discours trouve aujourd'hui un &#233;cho certain. Apr&#232;s avoir fourni un sujet de choix aux t&#233;l&#233;visions en qu&#234;te de sensationnalisme &#224; la veille du 21 avril 2002, c'est aujourd'hui du c&#244;t&#233; droit de la majorit&#233; que son discours est officiellement repris. Nul ne s'&#233;tonnera en effet que ces &#171; p&#232;res &#187; se f&#233;licitent du r&#233;cent d&#233;p&#244;t (par des parlementaires UMP) d'une proposition de loi sur l'usage de drogues &#224; ce point r&#233;actionnaire que Nicolas Sarkozy lui-m&#234;me n'a pas os&#233; la pr&#233;senter au nom du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, notre association, Stalingrad Quartier libre : une trentaine d'hommes et de femmes, de tous les &#226;ges, tous habitants du quartier, souvent militants dans d'autres associations (les Jardins d'&#201;ole, Act Up-Paris, Espoir Goutte-d'Or, etc.), parfois usagers de drogues, ex-usagers ou parents d'usagers. Bref, des gens diff&#233;rents venus d'horizons diff&#233;rents mais ouverts et r&#233;unis par la volont&#233; commune que ce quartier vive en paix, que les usagers de drogues qui le fr&#233;quentent puissent acc&#233;der facilement &#224; une &#233;coute, &#224; un lieu de repos, &#224; des soins. Des gens qui ne croient plus &#224; la logique de la &#171; guerre &#224; la drogue &#187; parce que celle-ci est men&#233;e depuis trente ans sans le moindre r&#233;sultat et que le syst&#232;me le plus r&#233;pressif d'Europe, en l'occurrence la l&#233;gislation fran&#231;aise, continue d'envoyer en prison des gens qui n'ont rien &#224; y faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons qu'il est au contraire urgent de d&#233;velopper un large &#233;ventail de r&#233;ponses socio-sanitaires alliant soins, r&#233;duction des risques et accompagnement social pour am&#233;liorer r&#233;ellement la situation de tous, usagers de drogues et habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d'abord invit&#233; de tr&#232;s nombreux professionnels et sp&#233;cialistes &#224; venir d&#233;battre publiquement dans un petit troquet de quartier. Pour mieux comprendre la r&#233;alit&#233; &#233;minemment complexe de ces probl&#232;mes, nous avons voulu profiter de l'exp&#233;rience de ces acteurs qui travaillent jour apr&#232;s jour sur ces questions depuis des ann&#233;es. La r&#233;alit&#233; qu'ils ont d&#233;crite, aucune tourn&#233;e de rue de quelques heures n'aurait pu nous la r&#233;v&#233;ler. Nous avons ensuite soutenu activement la mise en place d'une instance de d&#233;mocratie participative (le Comit&#233; citoyen de Stalingrad mise en place par la mairie du 19e, coordonn&#233; par la sociologue Anne Coppel) qui a donn&#233; la parole &#224; un &#171; panel &#187; d'habitants, quatorze volontaires et/ou tir&#233;s au sort, afin qu'ils puissent exposer leurs probl&#232;mes au quotidien, exprimer leurs revendications et proposer des solutions. Nous avons d&#233;velopp&#233; et d&#233;fendu, au sein de cette instance, nos propres convictions parce que nous savions que nos propositions de bon sens pouvaient y trouver &#233;cho. Aujourd'hui, nous nous battons pour que les solutions retenues, pr&#233;sent&#233;es dans un rapport sous forme de recommandations au maire de l'arrondissement Roger Madec, en termes d'&#233;quipes de rue, de bus d'accueil, de coordination entre professionnels soient entendues par les pouvoirs publics. M&#234;me quand elles ne sont pas exactement les n&#244;tres. Nous esp&#233;rons ainsi la cr&#233;ation &#224; tr&#232;s court terme d'une &#233;quipe de trois personnes charg&#233;es de la m&#233;diation (entre habitants et usagers) permettant enfin de sortir de la stricte logique polici&#232;re qui attise les tensions et multiplie les violences. Voil&#224; un vrai r&#233;sultat : un projet d&#233;mocratiquement port&#233; par tous les riverains, d&#233;fendu par les associations et les &#233;lus locaux, qui doit se mettre en route avec des perspectives durables. Sans tambour ni trompette. Sans b&#226;ton ni cam&#233;ra.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;ric Labb&#233; est pr&#233;sident de Stalingrad Quartier libre et militant d'Act Up-Paris. Cette tribune a &#233;t&#233; publi&#233;e dans &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, le 9 septembre 2004&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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