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mourir pour de l’eau

publié en ligne : 11 décembre 2001 dans Action 78

Un détenu séropositif entame une grève de la faim pour le respect de sa prescription médicale. Pour des raisons de confidentialité, il nous est impossible de donner le nom des détenus et de la maison centrale concernée.

Fin Octobre 2001, X, détenu dans une Maison Centrale, atteint par le V.I.H. souffrant de problèmes rénaux, se voit prescrire par le service médical de la prison de l’eau minérale. N’ayant pas réussi à accéder à cette prescription après plusieurs demandes, X contacte Act Up-Paris. Suite à des entretiens avec le Directeur de la M.C., puis avec un des responsables de l’Administration Pénitentiaire, il nous est répondu que l’eau est une denrée « cantinable » et qu’il devrait donc se la payer. Le système de soins carcéral bute sur une prescription élémentaire et même vitale.

Dans ce même établissement, le 30 Septembre 2001, un autre détenu, Y, est lui aussi forcé de faire une grève de la faim pour obtenir le respect d’une prescription médicale simple. Même en ayant recours à cette méthode, le directeur refuse de lui fournir de l’eau minérale, qui faisait pourtant partie de la prescription.

Pour ces deux détenus, Act Up -Paris a alerté l’IGAS (Inspection générale des affaires sociales), la DGS (Direction générale de la santé), et l’A.P (Administration pénitentiaire). C’est seulement suite à une pression renouvelée auprès de ces différents organismes que ces détenus se voient appliquer le droit minimal au respect d’une prescription. Concernant Y, une pression de cinq mois et demi a été nécessaire pour que le matériel médical que nécessite sa pathologie lui soit fourni.

Les raisons de cette paralysie sont nombreuses. La principale est le renvoi des responsabilités d’une administration à l’autre. C’est intolérable. Comme la DGS nous l’a affirmé : « une prescription médicale de cet ordre est à la charge du service médical de la prison ». L’affirmation est claire : la responsabilité revient à la maison centrale et aux médecins exerçant en prison.

C’est tous les jours que des dysfonctionnements entament gravement le droit à la santé des détenus. Forcer un détenu malade du sida à se mettre en grève de la faim est criminel. Act Up- Paris exige que l’on cesse de mettre en jeu la vie des malades détenus.

Act Up-Paris exige immédiatement :
- la non-incarcération des personnes atteintes de pathologies graves.
- le respect immédiat des prescriptions médicales en prison.
- le respect du droit à être soigné dignement.

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  • La prison est un lieu où, hier comme aujourd’hui, les droits des personnes incarcérées ne sont pas respectés, ceux des prisonnierEs malades du sida encore moins.

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